Le projet de Lecornu pour les agences régionales de santé : distraire pour ne rien faire
Lecornu veut démanteler les agences régionales de santé : une menace pour la santé publique, pour l’accès aux soins et pour la sécurité sociale
Dans un discours tenu le vendredi 14 novembre 2025 devant les Assises des départements de France à Albi, le Premier ministre annonçait le démantèlement des agences régionales de santé (ARS). Les missions de sécurité sanitaire seraient confiées aux préfets et l’organisation des soins aux départements. Le détail du projet n’est pas connu, à supposer qu’il y en ait un puisqu’en Macronie les annonces et l’improvisation tiennent lieu de politique. Peut-être n’y a-t-il pas lieu de s’alarmer. Aussitôt annoncé, aussitôt oublié. Peut-être le Premier ministre souhaite-t-il seulement distraire l’attention pour escamoter le débat sur le financement du système de santé et le bilan désastreux des derniers Gouvernements en matière d’accès aux soins. Le projet en tout cas est inquiétant.
- Mettre entre les mains des préfets les services des ARS en charge de la veille et de la sécurité sanitaire et de l’observation de la santé reviendrait à faire passer les intérêts des opérateurs économiques, industriels, coopératives agricoles multinationales des technologies de l'information et de la communication promoteurs immobiliers après ceux de la santé publique. Après tout sans les ARS, les multinationales des eaux minérales n’auraient jamais été inquiétées.
- Départementaliser l’offre de soins, même en excluant l’hôpital, c’est assumer l’inégalité entre résidents des département riches et résidents des départements pauvres comme pour l’aide sociale à l’enfance ou l’allocation du revenu de solidarité active (RSA).
- Ajouter un étage supplémentaire de bureaucratie, c’est désorganiser les services apportés aux professionnels du soin au détriment de ceux qui ouvre chaque jour pour assurer les soins, qu’ils soient salariés des hôpitaux et des centres de santé ou professionnels libéraux.
- Allouer aux départements une fraction de la contribution sociale généralisée (CSG), alors que cette recette fiscale représente près d’un quart du financement de la branche maladie et presque la totalité du financement de la branche autonomie est un nouveau pas vers le démantèlement de la sécurité sociale.
Les Écologistes ne s’opposent pas, par principe, à toute réforme de l’administration sanitaire et sociale. Mais une réforme devra avoir pour objectif d’améliorer l’accès aux soins, de mettre au premier plan la prévention, notamment en matière de santé environnementale et d’assurer un contrôle démocratique sur l’action des agences régionales de santé.
Rien de tout cela dans l’annonce du Premier Ministre hélas. Elle n’est qu’un nouveau gadget pour détourner l’attention de la faillite des Gouvernements macronistes sur la politique de santé et la sécurité sociale.